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L'histoire du Yangjia Michuan Taiji Quan

La pratique

La pratique du Taiji quan comprend plusieurs parties telles que exercices de base, enchaînement de mouvements, applications techniques, poussée des mains, méditation, armes.

Les exercices de base, exécutés en préalable à toute pratique ont un rôle d’échauffement, d’assouplissement, d’enracinement, contribuant à développer équilibre, coordination, respiration et force interne. Ils procèdent également à une sorte de rituel qui permet aux pratiquants d’entrer progressivement en phase avec la discipline.

 

L’enchaînement est une suite de mouvements réalisés lentement, en accord avec la respiration, visant à atteindre la maîtrise du souffle et l’harmonisation de l’ensemble du corps. Ces mouvements ont tous une signification martiale.

 

Les applications techniques – Yongfa – consistent à mettre en pratique, avec un partenaire, les mouvements de l’enchaînement selon des préceptes précis et des méthodes de transformation du geste.

 

La poussée des mains – Tui shou – est une fine application des principes du Taiji quan. Une vingtaine d’exercices préparent à cette pratique qui recourt à l’écoute, à l’intention, à l’énergie interne, suivant les principes du yin et du yang, du vide et du plein.

 

La méditation taoïste – Neigong – est un travail interne utilisant la pensée « yi » pour faire circuler l’énergie dans le corps, aboutissant ainsi à des effets bénéfiques sur la santé et sur les facultés mentales.

 

Les armes sont représentées par l’éventail, l’épée, la perche selon l’enseignement de Maître Wang Yen-nien. Le sabre, le bâton ainsi que d’autres armes ont été introduits par des enseignants pour enrichir le style. La pratique de ces armes se fait selon l’esprit du Taiji quan, avec des mouvements circulaires, en accord avec la respiration, en mettant l’accent sur la sensation du « qi ». Les principes fondamentaux du Taiji quan sont respectés et mis en valeur dans la pratique à deux.

Le Yangjia Michuan

Organisation et filiation

La caractéristique majeure du style Yangjia michuan réside dans la totale liberté que son chef de file Maître Wang Yen-nien a laissée à chacun quant à l’organisation des structures d’enseignement telles que associations, écoles, collèges…

Organisation

À travers le monde, de nombreux groupements portent le nom  « Yangjia michuan Taiji quan », nom donné à ce style par Maître Zhang Qinlin (3e génération).

En France, la plupart des organismes se réclamant de ce style sont déclarés comme « Association loi de 1901 ».

En Europe, outre les multiples associations dont les objectifs sont avant tout l’enseignement et qui sont régies par les lois propres à chaque pays, il existe deux structures, chacune unique en son genre, indépendantes l’une de l’autre tout en entretenant d’excellentes et fructueuses relations.

Toutes les deux domiciliées en France ont une vocation européenne. Ce sont :

  • L’Amicale du Yangjia michuan Taiji quan née d'une volonté commune d'échange et de partage et cela dans un esprit de liberté et d’indépendance. Elle regroupe  majoritairement des associations de tous pays européens mais aussi des individus indépendants pratiquant le Yangjia michuan Taiji quan.

  • Le Collège européen des Enseignants, dont la création fut inspirée par Maître Wang Yen-nien qui en désigna lui-même les premiers membres, est désormais une association, lui permettant une totale liberté d’action. Ses objectifs visent à maintenir l’héritage transmis par Maître Wang Yen-nien.

Dans le reste du monde, des groupements, des associations, des fédérations existent sur tous les continents.

Ainsi à Taïwan, nous retrouvons une Fédération regroupant l’ensemble des associations et un Collège des Enseignants.

En Afrique, il existe une association en Afrique du Sud, une autre en Côte-d’Ivoire.

Aux États-Unis, l’AYMTA regroupe les associations de tous les états.

Nous trouvons des associations dans d’autres pays tels le Canada, le Japon, le Mexique.

 

Filiation

Disparu au mois de mai 2008, Maître Wang Yen-nien était alors le chef de file incontestable du style Yangjia michuan.

Nombre d’enseignants et de responsables d’associations ont pu suivre son enseignement, que ce soit lors de longs séjours à Taïwan ou, plus brièvement, lors de divers stages en France et dans le monde. Aujourd’hui, à l’instar des générations qui se sont succédé depuis Maître Yang Luchan, fondateur de l'école Yang, leurs élèves prennent le relais afin de transmettre à leur tour l’enseignement reçu.

Cinq générations se sont succédées de Maître Yang Luchan à nos jours. La cinquième génération étant représentée par l’ensemble des élèves directement formés à Taïwan par Maître Wang.

de la 1ère génération à nos jours

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Maître Yang Luchan (1799-1872)  1re génération

Yang Luchan a étudié le Taiji quan avec Chen Changxing (1771-1853). À partir du tronc de la famille Chen, il a donné naissance à une nouvelle branche qui porte son  nom. Cette branche donnera, avec deux de ses fils, Banhou et Jianhou, deux rameaux qui, à leur tour, généreront de nombreuses ramifications représentant aujourd’hui la diversité des styles de l'école Yang.

Maître Yang Jianhou (1839-1917)  2e génération

Troisième fils de Yang Luchan, Yang Jianhou, après avoir subi la dure loi de son père, enseigna à son tour. Il eut trois fils dont deux étudièrent l’art du combat : Yang Shaohou (1862-1929) et Yang Chengfu (1882-1935) qui développa le style certainement le plus connu actuellement en Occident.

Yang Jianhou accueillit un étudiant hors du clan familial, Zhang Qinlin.

Maître Zhang Qinlin (1888-1967 ?)  3e génération

Dès son plus jeune âge, Zhang Qinlin fut reçu dans la famille Yang où il étudia le Taiji quan. Il fut tout d'abord initié par Yang Chengfu puis par Yang Jianhou qui lui transmit les secrets du taiji de la famille Yang.

Il eut plusieurs élèves dont Zheng Manqing (1902-1975) pour le Tuishou et Wang Yen-Nien.

Toujours sans nouvelle de son professeur quarante ans après avoir quitté la Chine, Maître Wang retrouva, en 1993, sa fille Zhang Zhirou alors âgée de 75 ans.

Maître Wang Yen-nien (1914-2008)  4e génération

Après avoir étudié dès sa tendre enfance le Shaolin quan, le Xingyi quan puis le Tantui, Maître Wang fut présenté à l’âge de 18 ans à Wang Xinwu pour apprendre le Taiji quan. Ce n’est qu’à l’âge de 31 ans qu’il suivra l’enseignement de Zhang Qinlin auquel il est présenté par son maître taoïste Zhang Maolin.

Avec Zheng Manqing, Maître Wang Yen-nien fut certainement l’un des premiers Chinois à transmettre le Taiji quan à des personnes « étrangères » à la Terre du Milieu.
Lire la biographie de Wang Yen-nien

5e génération

Elle est représentée par l’ensemble des élèves directement formés par Maître Wang Yen-nien, à Taïwan.

6e génération

Elle est représentée par l’ensemble des élèves des enseignants directement formés par Maître Wang Yen-nien.

7e génération

Elle est représentée par l’ensemble des élèves des enseignants n'ayant pas connus Maître Wang  Yen-nien

Wang Yen Nien

Biographie

Le dernier Maître de l'École du Yangjia Michuan

Maître Wang Yen-nien

Maître Wang Yen-nien a été un des grands maîtres de Taiji de l'école Yang, reconnu et respecté par tous. Il fut l'élève de Zhang Qinlin qui lui transmit le style Yangjia Michuan Taiji quan.

Né en 1914 à Taiyuan, dans le Shanxi, il s'initia très tôt aux arts martiaux en apprenant le Xingyi Quan ainsi que le Chang Quan (longue boxe). Son aptitude le conduisit naturellement à une carrière militaire. Diplômé de l'Académie militaire du Shanxi, il transmit ses compétences ainsi que sa grande connaissance dans le maniement des armes en tant qu'instructeur durant le conflit qui opposa la Chine au Japon.

C'est après la guerre sino-japonaise (1937-1945), que Maître Wang fit la connaissance de Zhang Qinlin dont il suivit l'enseignement de 1945 à 1949. Il lui restera fidèle jusqu'à la fin de sa vie.

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« La responsabilité de la transmission des secrets de l'école Yang m'incombe. Pour éviter que cet enseignement ne se perde dans le temps et que l'on m'accuse d'être un hérétique, je ferai tout mon possible pour satisfaire ceux qui viendront me voir pour apprendre, quelle que soit leur provenance. »

En 1949, après la défaite des nationalistes auprès desquels il combattit contre les communistes, Wang Yen-nien suivit Jiang Jieshi ( Chiang Kai-shek ) chef du Guomingdang pour se  réfugier à Taïwan où il exerça au ministère de la Défense avec le grade de colonel. Il perdit alors tout contact avec son Maître et ne le revit jamais..

Maître Wang prit l’habitude de s’entraîner tous les matins dans le parc de Yuanshan, à côté de l’actuel Grand Hôtel. Très vite, des personnes lui demandèrent de leur enseigner son art. Puis, en 1950, à la demande de ses élèves qui lui proposèrent de le rémunérer s’il quittait son métier pour se consacrer à l’enseignement du Taiji quan, et pour respecter son engagement envers Zhang Qinlin, il entreprit de réorienter sa carrière et de transmettre au plus grand nombre le Yangjia Michuan Taijiquan.

Dès lors, Maître Wang participa à la création de nombreuses associations pour le développement du Taiji quan. D'abord vice-président du National T'ai Ch'uan Association, il en devint le président de 1986 à 1989. Quand il cessa ses fonctions en 1989, il fut nommé Président d'honneur et Chef Instructeur à vie.

De quelques étudiants, qui le rejoignaient quotidiennement au mémorial des martyres de Yuanshan, ses élèves devinrent de plus en plus nombreux. D’autres, venant de tous les continents s’y ajoutèrent pour suivre son enseignement.

Le 16 avril 2005, il réalisa un de ses vœux les plus chers en fondant à Taïwan (Republic of China), la Yangjia Michuan Taiji quan Association dont il a été le président jusqu'à la fin de sa vie.

Le 14 juillet 2006, Wang Yen-nien, 92 ans, fut décoré par le ministre français de la Jeunesse et des Sports  de la Médaille d’Or de la Jeunesse et des Sports en reconnaissance pour sa large contribution à la diffusion du Taiji quan en Occident.

Maître Wang publia deux ouvrages majeurs sur le Yangjia Michaun Taiji quan ainsi qu'un livre sur la forme de taiji avec éventail en 2008.

Maître Wang Yen-nien Laoshi est décédé dans sa demeure de Taipei dans la nuit du 3 au 4 mai 2008 à 2 h 45 (soit 20 h 45 le 3 mai, heure de Paris).

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